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21 décembre 2006 4 21 /12 /décembre /2006 19:40

 
L’intention (Partie 2/2)



Est-il en soi permis de percevoir une rémunération pour l'enseignement du Coran ? Ce point fait l'objet d'avis. Selon Abû Hanîfa et Ahmad ibn Hanbal cela n'est pas autorisé et l'enseignement du Coran doit être fait gratuitement ; d'après Ahmad ibn Hanbal, toutefois, si toucher une rémunération pour l'enseignement du Coran n'est pas autorisé, en revanche toucher un traitement offert par les caisses publiques musulmanes (bayt ul-mâl) en tant qu'aide pour vivre est autorisé.

 

Par contre, pour Ash-Shâfi'î, percevoir une rémunération pour l'enseignement du Coran est autorisé (voir Fiqh as-sunna). Dans le cadre des avis qui le permettent, ceux qui enseignent le Coran et qui touchent une rémunération licite auront comme récompense d'avoir travaillé dans le licite (kasb ul-halâl).

 

Par contre, à l'unanimité, un musulman ne peut percevoir une rémunération pour une action purement cultuelle qui est obligatoire sur lui : Faire la prière obligatoire, etc.

 
Avoir comme objectif d'obtenir la renommée et la gloire

 

Le Prophète (Salla Allah ‘alayhi wa Salam) a dit : "Ce que je crains le plus pour vous est le petit associationnisme. – O Messager de Dieu, qu'est-ce que le petit associationnisme ? – C'est l'ostentation. Le jour où Il rétribuera les serviteurs pour leurs actions, Dieu leur dira : "Allez auprès de ceux pour qui vous agissiez par ostentation sur terre, et voyez si vous trouvez auprès d'eux une récompense et un bien" (Rapporté par Al-Bayhaqî).

  

Il a dit également : "Dieu dit : "Je suis le meilleur associé qui puisse être : Celui qui M'associe quelqu'un, (son action) sera pour celui qui M'a été associé"" (Rapporté par Al-Bazzâr, Sahîh at-targhîb wat-tar'hîb, tome 1 p. 530).

 

Il a dit encore : "Dieu a dit : "De ceux qui sont associés ensemble, Je suis Celui qui n'a pas besoin de l'association. Aussi, celui qui fait une action et M'y associe quelqu'un, Je désavoue cette action : Elle sera pour celui pour qui il l'a faite"" (rapporté par Muslim).

 

Ces trois derniers Hadîths tendent à laisser penser que le jour du jugement, seule l'action qui aura été pure de toute présence d'intention ostentatoire sera acceptée et que toute action où même une infime intention ostentatoire aura été présente sera rejetée.

 

Mais Al-Ghazâlî pense que le rejet de l'action non sincère concerne le cas où l'intention ostentatoire aura été pure (et que la personne n'aura pas du tout eu l'intention de plaire à Dieu) ainsi que le cas où, au cœur de cette action, deux intentions auront été mêlées (et donc que la personne aura eu comme mobile d'une part de plaire à Dieu et d'autre part de se faire connaître) et que l'intention ostentatoire aura dominé ou aura été égale à l'intention de plaire à Dieu : Dans ces trois cas, l'action serra effectivement rejetée. Par contre, écrit Al-Ghazâlî, dans le cas où l'intention ostentatoire est présente mais est dominée par l'intention de plaire à Dieu au point que l'intention ostentatoire n'aurait pas motivé à elle seule la personne à faire cette action, il se pourrait que Dieu ne rejette pas cette action ; cependant, la récompense qu'elle entraînera sera inférieure à celle que Dieu accorde pour la même action lorsqu'elle est faite entièrement pour Dieu ; de plus, Dieu peut punir pour la part d'ostentation qui aura été présente dans une telle action (voir Mirqât ul-mafâtîh, tome 10 p. 63).

 
Quelques derniers mots

 

Le Prophète (Salla Allah ‘alayhi wa Salam) nous a enseigné cette invocation : "O Dieu, purifie mon cœur de l'hypocrisie, mes actes de l'ostentation, ma langue du mensonge, mes yeux de regarder ce qu'ils ne doivent pas (al-khiyâna). Car Tu connais l'œil qui trahit et ce que cachent les cœurs" (Rapporté par Al-Bayhaqî).

 

Le savant Al-Ghazâlî a témoigné, dans son livret Al-munqidh min adh-dhalâl, de sa prise de conscience concernant le cœur et la sincérité. Il écrit ce qui se passa à un moment donné de sa vie : "Ayant examiné mon état, je me suis rendu compte que j'étais plongé dans les liens [l'attachement excessif aux choses terrestres] qui m'enserraient de toutes parts. Ayant examiné mes actions – l'enseignement étant la meilleure d'elles –, je me suis aperçu que j'étais tourné vers des sciences peu importantes, ne servant à rien concernant la voie de l'au-delà. Puis j'ai réfléchi à l'intention que j'avais en dispensant mon enseignement : J'ai pris conscience du fait qu'elle n'était pas purement pour la Face de Dieu mais que mon mobile était la recherche de la gloire et la diffusion de la renommée. J'ai eu alors la certitude que je me trouvais sur le bord branlant d'un précipice et que j'étais sur le bord du feu si je ne me préoccupais pas de me rattraper" (Al-munqidh min adh-dhalâl, p. 36). Il poursuit en racontant comment il finit par se résoudre à prendre du recul par rapport à la chaire d'enseignant qu'il occupait, pour se préoccuper de son cœur et le remplir de la présence de Dieu – "tazkiyat un-nafs wa tah'dhîb ul-akhlâq wa tasfiyat ul-qalb li dhikr illâh".

 

« O Dieu, nous sommes tellement loin de ce que nous devrions être. Comment pourrions-nous prétendre avoir fait du bien avec une intention dirigée uniquement vers Toi, pure de toute recherche de la renommée et de la gloire ? Nous nous efforçons de faire ce que Tu agrées, mais notre espoir est davantage sur Ta miséricorde que sur nos actions. »

 

 "O Dieu, Ton pardon est plus vaste que nos fautes. Et Ta miséricorde est davantage cause d'espoir pour nous que nos actions" (Rapporté par Al-Hâkim).

Source :

Maison-islam.com

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Published by nadia - dans SPIRITUALITE

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