Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Catégories




























Voter Imaniatte

Un clique pour voter Imaniatte


Image disparue

15 mai 2009 5 15 /05 /mai /2009 04:27

Contenu de la catégorie : Jurisprudence, cliquez sur le sujet qui vous intéresse. Vos commentaires et suggestions sont les bienvenues.

 


 --------------------------------------------------------------------

 

Le sacrifice rituel d'Al-Adhâ par Sheikh Atiyyah Saqr (partie2/2)


Le sacrifice rituel Al-Adhâ par Sheikh Atiyyah Saqr (partie1/2)


Les grands péchés: Al Kabahir (Partie 3)


Les grands péchés: Al Kabahir (Partie 2)


Les grands péchés: Al Kabahir (Partie 1)


Les dix-sept péchés tirés de la Sunnah par Abû Tâlib Al-Makkî


Les Écoles Rituelles (madhâhib) dans le Sunnisme

 

 

 

 
Repost 0
Published by Imaniatte - dans JURISPRUDENCE
5 décembre 2008 5 05 /12 /décembre /2008 23:13


Le sacrifice rituel d'Al-Adhâ par Sheikh Atiyyah Saqr (partie2/2)



 

Dans la première partie, nous avons parlé du Rétrospectif historique de la fête de l’Aïd, du sacrifice rituel dans l’islam et du statut juridique du sacrifice. Dans cette dernière partie nous parlerons de qui et quand peut-on offrir le sacrifice et Quoi peut-on sacrifier ?

 
Qui offre le sacrifice ?



Le sacrifice rituel est une sunnah confirmée soumise à la suffisance familiale lorsque plusieurs personnes habitent le même foyer c’est-à-dire que, si l’un d’entre eux offre le sacrifice, cela exempte les autres. Lorsqu’une personne habite seule, le sacrifice devient une sunnah d’ordre individuel (sunnat `ayn). Il faut néanmoins que l’offrande soit excédentaire par rapport aux besoins de l’individu pendant le jour et la nuit en cours, et à ses besoins vestimentaires pour la saison en cours, à l’instar de l’aumône volontaire. Il faut également qu’elle soit excédentaire par rapport à ses besoins pendant le jour de l’aïd et les trois jours du Tashrîq car ces jours correspondent au temps imparti pour le sacrifice, tout comme le jour et la nuit de l’aïd correspondent au temps imparti pour l’aumône de la rupture du jeûne. Cependant, le sacrifice rituel est meilleur que l’aumône volontaire eu égard à la divergence qui existe sur son statut d’obligation. Ash-Shâfi`î dit : « Je n’autorise pas celui qui en a les moyens d’y déroger. » Ainsi est-il détestable pour le riche d’y déroger, comme nous le détaillerons plus avant.


 
Quand sacrifier ?

 

Le temps légal du sacrifice fait l’objet de plusieurs textes dont celui rapporté par Al-Bokhari et Muslim, d’après Jundub : « Le Prophète (Salla Allah ‘alayhi wa Salam) accomplit la prière le jour du sacrifice puis immola et dit : “Quiconque immole avant de prier, qu’il immole une autre bête en remplacement. Que celui qui n’a pas immolé immole au nom d’Allâh.” »

Dans son commentaire de Sahîh Muslim, An-Nawawî dit : «En ce qui concerne l’heure du sacrifice, il convient que l’on sacrifie après la prière avec l’imam, auquel cas le rite est dûment accompli, à l’unanimité ». Ibn Al-Mundhir dit : “Les savants sont unanimes que le sacrifice n’est pas permis avant l’aube du jour du sacrifice.” À partir de cette heure, une divergence les sépare.

Ash-Shâfi`î, Dâwûd, Ibn Al-Mundhir et d’autres disent : “Son heure arrive après le lever du soleil avec une marge suffisante pour accomplir la prière de l’aïd et deux sermons. Si (l’individu) sacrifie après avoir attendu ce laps de temps, le rite est dûment accompli, que l’imam ait prié ou non, que l’individu ait accompli la prière d’Ad-Duhâ ou pas, fût-il un résident des villes, des campagnes, des déserts ou un voyageur, et indépendamment du fait que l’imam ait sacrifié ou non.”

 `Atâ’ et Abû Hanîfah estiment pour leur part que : “Pour les habitants de la campagne et des déserts, l’heure du sacrifice correspond à la seconde aube — dite véridique —, tandis que les habitants des villes doivent attendre que l’imam ait prié et prêché. Si l’individu sacrifie avant cela, il n’en est pas quitte.”

Mâlik dit : “Le sacrifice n’est pas permis avant que l’imam ait prié, prêché et sacrifié.”

Ahmad dit : “Il n’est point permis de sacrifier avant la prière de l’imam ; cela est permis après la prière de l’imam et (le cas échéant) avant que ce dernier ait lui-même sacrifié” et ce, sans distinction entre les habitants des villes et des campagnes. Un avis similaire fut rapporté de la part d’Al-Hasan, d’Al-Awzâ`î et de Ishâq Ibn Râhweih.

Ath-Thawrî dit : “Cela n’est pas permis après la prière de l’imam, avant ou pendant le prêche.”

Rabî`ah dit concernant l’individu qui n’a pas d’imam : “S’il sacrifie avant le lever du soleil, il n’en est pas quitte ; après le lever, il en est quitte.” »

De ce qui précède, on retient que ceux qui immolent le jour de `Arafah ou la veille de l’aïd au soir n’accomplissent pas le sacrifice rituel de l’aïd.

La fin du temps imparti pour le sacrifice est large : Ash-Shâfi`î dit : « Il est permis de sacrifier le jour du sacrifice et pendant les trois jours du Tashrîq qui le suivent. » Cet avis est celui de `Alî Ibn Abî Tâlib, Jubayr Ibn Mut`im, Ibn `Abbâs, `Atâ’, Al-Hasan Al-Basrî, `Umar Ibn `Abd Al-`Azîz, Sulaymân Ibn Mûsâ Al-Asadî le savant de la Syrie, Makhûl, Dâwûd At-Tâhirî et d’autres.

Abû Hanîfah et Ahmad dirent : « Le sacrifice se limite au jour du sacrifice et aux deux jours suivants. » On rapporta cette opinion de la part de `Umar Ibn Al-Khattâb, `Alî, Ibn `Umar et Anas Sa`îd.

Ibn Jubayr dit : « Le sacrifice est permis pour les habitants de la ville le jour du sacrifice spécifiquement et pour les habitants des campagnes le jour du sacrifice et les jours du Tashrîq. »

Muhammad Ibn Sîrîn dit : « Cela n’est permis pour personne sauf le jour du sacrifice. »

Par ailleurs, Al-Qâdî rapporta de la part de certains savants que le sacrifice est permis pendant tout le mois de Dhû Al-Hijjah.

Cependant, les savants divergèrent sur le moment idéal pour le sacrifice pendant cet intervalle de temps.

Ash-Shâfi`î dit : « Le sacrifice est permis pendant la nuit, tout en étant détestable. » Cette opinion fut partagée par Abû Hanîfah, Ahmad, Ishâq, Abû Thawr et la majorité des juristes.

L’avis notoire de Mâlik et de ses compagnons et une variante selon Ahmad stipule que : « L’immolation nocturne n’acquitte pas son auteur du sacrifice rituel ; la viande de la bête immolée n’est qu’une viande comme les autres. »

De ce qui précède, on retient que le début de la période impartie pour le sacrifice est déterminé par des hadiths bien établis, avec une part de divergence sur l’interprétation de certains d’entre eux. En revanche, la détermination de la fin de cette période est purement basée sur l’ijtihâd, bien qu’il soit censé que cette période couvre le jour de l’aïd et se poursuit pendant les trois jours du Tashrîq car ce sont les jours où les gens mangent, boivent et fêtent l’Aïd, à l’instar de ceux qui passent la nuit à Minâ et immolent les bêtes de sacrifice.

Enfin, nous avons mentionné précédemment la divergence qui existe quant au statut juridique du sacrifice entre obligation et recommandation, et ce, pour les gens qui ont la capacité financière de s’en acquitter.

On rapporta dans l’encyclopédie intitulée Le fiqh selon les quatre écoles (Al-Fiqh `Alâ Al-Madhâhib Al-Arba`ah) que :


1-Les Hanafites estiment que la personne capable financièrement est celle qui possède 200 dirhams ou possède un bien d’une valeur équivalente à cette somme sous réserve qu’elle ait de quoi subvenir à ses besoins en logement, en vêtement et en entretien. L’individu est tenu d’offrir un sacrifice s’il possède un bien immobilier qui lui rapporte un revenu suffisant pour ses besoins pendant un an et à condition qu’il ait en sa possession la quotité susmentionnée. On dit aussi qu’il est tenu de sacrifier si le bien lui rapporte la somme nécessaire pour subvenir à ses besoins pendant un mois. Si le bien en question est un bien de mainmorte, il doit offrir un sacrifice si le bien lui rapporte la valeur de la quotité au moment du sacrifice.

 

2-Pour les Hanbalites, la personne capable est celle qui peut payer le prix de la bête à sacrifier, quitte à emprunter l’argent si elle est sure de pouvoir rembourser.

3-Pour les Malékites, la personne capable est celle qui n’a pas besoin du prix de la bête pour un besoin important pendant l’année en cours. En présence d’un tel besoin, il n’est pas sunnah d’offrir un sacrifice, et s’il peut emprunter qu’il le fasse ; mais certains s’opposèrent à l’emprunt.

4-Pour les Shaféites, la personne capable est celle qui possède le prix de la bête en plus de l’argent nécessaire pour subvenir à ses besoins et aux besoins des personnes à sa charge pendant le jour de l’aïd et les jours du Tashrîq. Rentrent dans l’évaluation des besoins les choses coutumières comme les gâteaux, les tartes etc.

 
Quoi sacrifier ?

Les animaux éligibles au sacrifice sont les chamélidés, les bovins, les ovins et les caprins. Dans son commentaire de Sahîh Muslim, An-Nawawî dit : Les savants sont unanimement d’accord sur le fait que le sacrifice ne peut être accompli que moyennant un chameau, un bovin, un ovin ou un caprin, exception faite de l’avis rapporté par Ibn Al-Mundhir selon Al-Hasan Sâlih, selon qui il serait valide de sacrifier une vache sauvage de la part de sept personnes, ou une gazelle de la part d’une personne. Dâwûd adopta un avis similaire concernant les vaches sauvages. En dehors de cela, aucun autre animal ne peut servir de sacrifice. On ne peut pas non plus acheter de la viande et la donner en guise de sacrifice, ni utiliser à cette fin des animaux congelés ou de la viande en conserve, leur immolation étant intervenue avant l’échéance du sacrifice et parce que ces animaux n’appartiennent pas au moment de l’immolation à l’acheteur qui les offrirait en sacrifice. Fait également exception l’avis rapporté de la part de Bilâl qui dit : "Peu m’importe de ne sacrifier qu’un coq, et si je le donnais à un orphelin démuni, cela me serait plus agréable." Ces avis reflètent l’avis de certains qui préféraient que l’on fasse don du prix de la bête sacrifiée plutôt que de l’immoler. Telle fut l’opinion d’Ash-Sha`bî, de Mâlik et de Abû Thawr. [Tafsîr Al-Qurtubî]

L’opinion la plus juste est celle qui considère que l’accomplissement du sacrifice est plus méritoire que le versement de sa valeur en aumône, car il s’agit d’une sunnah confirmée dont le mérite est mentionné dans les textes.

Ceci dit, quels sont les critères d’âge, de forme et de quantité que l’on doit veiller à respecter lors du sacrifice des chameaux, des bovins, des ovins ou des caprins ?

Plusieurs hadiths furent relatés concernant l’âge et les caractéristiques affectant l’acceptabilité de la bête de sacrifice, comme le hadith rapporté par Muslim et d’autres stipulant : « Ne sacrifiez qu’une bête âgée de deux ans et plus (musinnah), sauf si vous n’avez pas les moyens, auquel cas sacrifiez un mouton âgé d’un an (jadh`) » ou le hadith de Muslim stipulant que la chèvre âgée d’un an n’est pas un sacrifice valable. Il y a aussi le hadîth rapporté par Ahmad et par les auteurs des Sunan interdisant le sacrifice des bêtes ayant perdu une moitié de corne ou d’oreille, ou celles manifestement borgnes ou clairement malades, ou les bêtes boiteuses ou chétives, ou celles ayant l’oreille coupée en grande partie par devant, sur le côté, ou fendue dans le sens de la longueur ou percée, ainsi que le hadith rapporté par Ahmad et Abû Dâwûd interdisant le sacrifice de la bête amputée totalement de l’oreille (musfarrah), ou de la corne (musta’salah), ou la bête aveugle (bakhqâ’) ou poussive (mushayya`ah).


 
Autres directives relatives au sacrifice

 

Si le sacrifice correspond à un vœu (nadhr), il n’est pas licite pour son propriétaire d’en manger quoi que ce soit ; il doit en faire don entièrement, selon les Hanafites et les Shâféites. Tandis que pour les Hanbalites, il est au contraire sunnah d’en manger : on en mange un tiers, on fait cadeau d’un tiers et on fait aumône d’un tiers. Quant au sacrifice non lié à un vœu, il n’est pas obligatoire d’en donner une part en aumône, mais cela est sunnah seulement.

Abû Saïd rapporta que Qatâdah Ibn An-Numân l’informa que le Prophète (Salla Allah ‘alayhi wa Salam) se leva (un jour) et dit : «Je vous avais interdit de manger la viande du sacrifice au-delà de trois jours. Je vous y autorise désormais ; mangez-en comme bon vous semble. Mais ne vendez pas les viandes de sacrifice (hady et udhiyah inclus). Mangez-en, donnez-en en aumône, profitez de leurs peaux mais ne les vendez pas. Et si l’on vous en propose quelque chose, mangez-en comme il vous plaît. » [Rapporté par Ahmad] Le Messager avait interdit à ses Compagnons de faire des réserves de viande, et leur avait dicté d’en donner une part aux nécessiteux qui se rendaient exprès à Médine pendant l’aïd pour recevoir cette obole. Puis, il leur permit d’en manger et d’en mettre de côté pour leurs enfants. Mais il n’est pas permis de vendre la bête sacrifiée, ni même sa peau.

 

Source : islamophile

Traduit de l’arabe de l’encyclopédie de fatwas d’Al-Azhar.

Repost 0
Published by Imaniatte - dans JURISPRUDENCE
5 décembre 2008 5 05 /12 /décembre /2008 14:38


Le sacrifice rituel de l’Aïd Al-Adhâ par Sheikh `Atiyyah Saqr (partie1/2)


Le vocable ud-hiyah possède quatre variantes dans la langue arabe: ud-hiyah ou ud-hiyyah ; id-hiyah ou id-hiyyah, dont le pluriel est adâhî ou adâhiyy ; dahiyyah dont le pluriel est dahâyâ ; ad-hâh dont le pluriel est ad-hâ, à l’instar de artâh et artâ. C’est cette variante qui a donné son nom au jour (de la fête) du sacrifice. Ce terme désigne la bête offerte en sacrifice car le rituel est accompli au lever du soleil (en arabe, duhâ). An-Nawawî dit : « Le vocable ad-hâ est masculin dans le dialecte de Qays et féminin dans celui de Tamîm. »

Dans le jargon juridique, le vocable ud-hiyah désigne les chameaux, bovins, ovins et caprins sacrifiés le Jour du Sacrifice (Yawm An-Nahr) et pendant les jours du Tashrîq dans le dessein de se rapprocher De Dieu. Toute bête immolée n’appartenant pas à l’une de ces trois catégories n’est pas une ud-hiyah. Toute bête immolée en dehors des jours susmentionnés n’est pas une ud-hiyah non plus, pas plus que celle immolée pour un autre dessein que celui de se rapprocher de Dieu.


Rétrospective historique

Faire des offrandes aux dieux est une pratique ancienne. Allah Taâla dit au sujet des deux enfants d’Adam, Abel et Caïn : «Récite-leur encore l’histoire des fils d’Adam, en vérité, lorsque tous deux offrirent une oblation : accueillie de la part de l’un d’eux, elle ne le fut pas de l’autre. » [Sourate 5 ; 27]. Il dit également au sujet des Juifs : « À ceux qui disent : “Dieu a requis de nous pacte de ne croire à aucun envoyé tant qu’il ne nous produirait pas une offrande que dévorât le feu (céleste)” » [Sourate 3 ; 183]

Les exégètes disent que : « La sœur jumelle de Caïn, prénommée Iqlîmyâ’, était belle tandis que la sœur jumelle d’Abel, qui se prénomait Liyûdhâ, ne l’était pas. Or, la loi d’Adam stipulait qu’une sœur née d’une grossesse devait épouser son frère né d’une autre grossesse. Caïn envia alors Abel et voulut garder sa belle sœur jumelle pour lui. Les injonctions et remontrances de son père n’y firent rien. Ils décidèrent alors de faire une offrande ; Caïn offrit une botte de blé en épi tandis qu’Abel offrit un bélier. Dieu accepta l’offrande d’Abel. On rapporta que ce bélier fut élevé au paradis avant que Dieu ne l’envoie en substitution du sacrifice d’Ismaël (‘alayhi Assalam). Récit rapporté par Sa`îd Ibn Jubayr et d’autres ; Seul Dieu en connaît l’authenticité. » [Tafsîr Al-Qurtubî]

La production d’offrandes fut une pratique courante chez les Juifs pour reconnaître la véracité des prophètes, puis abrogée par Jésus le fils de Marie, conformément au rapport d’Al-Qurtubî.

Les historiens disent que les oblations consistaient à offrir des animaux, puis cette pratique s’étendit au sacrifice d’êtres humains. Il se peut même que la vision d’Abraham qu’il sacrifiait son fils procède de cette pratique. Le Très-Haut dit : « Quand celui-ci eut l’âge d’aller avec son père, son père lui dit : “Mon fils, je me suis vu en songe en train de t’immoler. Qu’en penses-tu ?” Il dit : “Mon père, fais ce qui t’est ordonné. Tu me trouveras endurant si Dieu veut.” » Jusqu’à ce qu’Il dise : « Nous le rachetâmes par un prestigieux sacrifice. » [Sourate 37 ; 102-107]

De même, le sacrifice humain était connu chez les Arabes avant l’avènement de l’islam. On relate que `Abd Al-Muttalib fit vœu de sacrifier l’un de ses enfants, si Dieu lui en donnait dix. Le tirage au sort désigna son fils `Abd Allâh, le père du Prophète (Salla Allah ‘alayhi wa Salam), mais les Quraysh l’empêchèrent de le sacrifier de peur que cette pratique devienne une tradition. Cette affaire se dénoua par le sacrifice de cent chameaux à la place de l’enfant. Al-Hâkim rapporta selon Mu`âwiyah qu’un bédouin s’adressa au Messager (Salla Allah ‘alayhi wa Salam) lui disant : « Ô fils des deux sacrifiés ». Le Prophète sourit et ne s’en offusqua point. Les deux sacrifiés dont il est question sont Ismaël le fils d’Abraham et `Abd Allâh le fils de `Abd Al-Muttalib.

Dans l’Égypte ancienne, certains notables sacrifiaient leurs épouses et leurs esclaves et l’on brisait les lances et les flèches près de leurs tombes, afin qu’ils aillent dans l’au-delà complètement purifiés sans armes ni courtisans.

De même, les Juifs offraient des sacrifices au Dieu « Yahvé » pour remercier et demander pardon lors d’un festival imposant tenu au Temple sous l’égide des prêtres ; le jour du Shabbat — le jour de repos — se tenait un festival spectaculaire à cette fin.


Le sacrifice rituel dans l’islam

Après cette introduction historique, nous affirmons que l’islam avalisa le principe de se rapprocher de Dieu par le sacrifice des animaux et le régula d’une manière très précise. La sagesse sous-jacente à ce rite possède deux dimensions.

La première est historique et consiste à commémorer le sacrifice d’Abraham de son fils Ismaël. Le Prophète (Salla Allah ‘alayhi wa Salam) le souligna dans un hadith rapporté par Ahmad, Ibn Mâjah et At-Tirmidhî, selon Zayd Ibn Arqam : « On interrogea le Prophète disant : “Ô Messager d’Allah, que sont ces offrandes ?” Il répondit : “C’est la tradition de votre père Abraham.” On demanda : “Quelle est notre rétribution ?” Il répondit : “Pour chaque poil, vous recevez une bonne action.” On demanda : “Et (les animaux à) laine ?” Il dit : “Pour chaque fibre de laine, vous recevez une bonne action.”»

La seconde dimension est sociale et consiste à offrir de la nourriture et à contribuer au bien-être des pauvres à l’occasion de la fête ; à l’origine, il s’agissait de faire profiter les habitants de la Mecque et les visiteurs venus pour accomplir les rites du pèlerinage. Le Très-Haut dit : « À chaque communauté Nous avons assigné un lieu rituel afin qu’ils invoquent le nom de Dieu sur la bête de troupeau qu’il leur a attribuée » [Sourate 22 ; 34] Il dit également : « Lance parmi les hommes l’appel au pèlerinage : ils viendront à toi à pied ou sur quelque bête amaigrie, affluant de tout profond défilé § pour participer aux avantages qui leur ont été accordés et pour invoquer le nom de Dieu, en des jours bien déterminés, sur Notre attribution, sous la forme d’une bête de troupeau : Mangez-en et nourrissez-en le malheureux indigent » [Sourate 22 ;27- 28]

Quant à ceux qui ne participent pas à la saison du pèlerinage, le sacrifice consiste pour eux — outre le fait de commémorer la tradition d’Abraham — à contribuer au bien-être des pauvres et à répandre la gaieté et la joie, sans oublier la rétribution divine escomptée pour cet acte.

Preuves de l’institution du sacrifice en islam

Le sacrifice est un rituel institué par l’islam, comme le démontrent les textes tirés du Coran, de la Sunnah et l’unanimité des savants à ce sujet. En ce qui concerne le Coran, le Très-Haut dit : « Nous t’avons certes, accordé l’Abondance. § Accomplis donc la prière pour ton Seigneur et sacrifie. § C’est certes celui qui te hait qui est sans postérité » [Sourate 108 ; 1-3] et ce, conformément à l’avis qui affirme que cette sourate est médinoise car les prières des deux Aïds ont été instituées après l’hégire. Cette opinion est celle d’Al-Hasan, `Ikrimah, Mujâhid et Qatâdah. Ainsi Dieu ordonna à Son Messager de procéder au sacrifice après la prière, alors qu’avant cette injonction il sacrifiait d’abord puis priait, d’après le rapport d’Anas [Tafsîr Al-Qurtubî]. On dit aussi que cette sourate fut révélée à Al-Hudaybiyah, lorsqu’on empêcha le Prophète (Salla Allah ‘alayhi wa Salam) de se rendre en pèlerinage à la Mecque. Alors, Dieu lui ordonna d’accomplir la prière et de sacrifier les chameaux qu’il avait emmenés en guise d’offrande, puis de s’en aller. Telle est l’opinion de Sa`îd Ibn Jubayr.

Enfin, si l’on adopte l’avis selon lequel cette sourate serait mecquoise, alors elle ne peut pas servir de preuve pour l’institution du sacrifice rituel, car le pèlerinage et le sacrifice rituel ne furent institués qu’après l’immigration depuis la Mecque (l’hégire). Et puis, quel rapport y a-t-il entre le fait que Dieu ait accordé Al-Kawthar (l’Abondance) — ce terme désigne l’apostolat, ou un fleuve magnifique dans le Paradis, ou encore le Bien en abondance — à son Messager et la prière et le sacrifice subséquent ? On dit que cette sourate fut révélée après que les polythéistes mecquois aient raillé le Prophète suite au décès de son fils et l’aient traité de abtar c’est-à-dire l’homme privé de descendance et de postérité. Dieu l’en consola disant qu’Il lui avait accordé un bien meilleur qu’une descendance, à savoir Al-Kawthar. On en retient que le recours à cette sourate comme preuve de l’institution du sacrifice rituel n’est pas solide.

Les preuves tirées de la Sunnah proviennent du hadith rapporté par Al-Bokhari et Muslim, d’après Anas : « Le Prophète (Salla Allah ‘alayhi wa Salam) sacrifia deux boucs quasiment blancs (amlahayn) et cornus. Il les sacrifia de sa propre main et prononça le Nom de Dieu et dit “Allâhu Akbar”, et mit son pied sur leur flanc. ». L’épithète amlah désigne la chose qui est plus blanche que noire. On dit aussi que cela désigne la chose qui est d’un blanc très pur. [...] Des preuves supplémentaires sont tirées des hadiths relatant les mérites du sacrifice et la meilleure heure pour l’accomplir. De plus, les savants sont unanimes sur l’institution de ce rituel.


Le statut juridique du sacrifice

Ayant apporté la preuve que le sacrifice rituel est une institution islamique, et que ce n’est nullement une pratique interdite, on peut s’interroger sur le statut juridique de ce rituel : est-il obligatoire ou recommandé ? Rappelons en effet que les obligations appellent une rétribution pour celui qui les accomplit et un châtiment pour celui qui s’en abstient, tandis que les choses recommandées appellent une rétribution pour celui qui les accomplit mais n’engagent pas de châtiment pour celui qui s’en abstient.

La majorité des savants est d’avis qu’il s’agit d’une sunnah non obligatoire. Dans son commentaire de Sahîh Muslim, An-Nawawî dit : « Les savants divergèrent sur le caractère obligatoire du sacrifice pour le riche. La majorité dit qu’il s’agit d’une sunnah pour lui ; s’il s’en abstient sans raison, il ne commet point de péché et il n’est pas tenu de le rattraper. Telle était l’opinion d’Abû Bakr As-Siddîq, de `Umar Ibn Al-Khattâb, de Bilâl, de Abû Mas`ûd Al-Badrî, de Sa`îd Ibn Al-Musayyib, de `Alqamah, d’Al-Aswad, de `Atâ’, de Mâlik, de Ahmad, de Abû Yûsuf, de Ishâq, de Abû Thawr, d’Al-Muzanî, d’Ibn Al-Mundhir, de Dâwûd et d’autres. Tandis que Rabî`ah, Al-Awzâ`î, Abû Hanîfah et Al-Layth dirent que c’est une obligation pour le riche, opinion partagée par certains malékites. An-Nakha`î dit : “(Le sacrifice) est obligatoire pour le riche sauf celui qui est en pèlerinage à Minâ.” Muhammad Ibn Al-Hasan dit : “C’est obligatoire pour les sédentaires (ceux qui ne sont pas en voyage).” L’opinion notoirement connue d’Abû Hanîfah stipule que le sacrifice est obligatoire (wâjib) pour le sédentaire qui possède la quotité (an-nisâb). Et Dieu est le plus savant. »

Ceux qui le tiennent pour une obligation s’appuient sur le verset : « Accomplis donc la prière pour ton Seigneur et sacrifie. » [Sourate 108 ; 2] affirmant que l’impératif signifie l’obligation. On répondit à ceux-là que le verset ne concerne pas le sacrifice rituel (al-ud-hiyah), comme nous l’avons précisé précédemment, et qu’il englobe tout culte qui ne doit être voué qu’à Dieu exclusivement.

Parmi les preuves avancées par ceux qui le tiennent pour une sunnah, il y a le hadith rapporté par Ahmad, Abû Dâwûd et At-Tirmidhî, d’après Jâbir : « J’accomplis la prière de la fête d’Al-Adhâ avec le Messager d’Allâh (Salla Allah ‘alayhi wa Salam). Quand il en eut fini, il amena un bouc, le sacrifia et dit : “Bismillâh (Au Nom de Dieu) Allâhu Akbar. Ô Allâh, ceci est de ma part et de la part des membres de ma communauté qui n’ont pas sacrifié.” » ; Et le hadîth narré par Ahmad et Al-Bazzâr selon une bonne chaîne de garants, d’après Abû Râfi` : « Lors de la fête d’Al-Adhâ, le Messager d’Allâh (Salla Allah ‘alayhi wa Salam) achetait deux gros boucs cornus et majoritairement blancs. Après qu’il eut prié et prêché, il amenait l’un des deux boucs sur son lieu de prière et l’immolait lui-même avec un couteau, disant : “Ô Allâh, ceci est de la part de ma communauté toute entière, de la part de toute personne (de ma communauté) ayant témoigné de Ton Unicité et témoigné que j’ai transmis (le Message).” Puis, on lui apportait le second bouc qu’il immolait lui-même disant : “Ceci est de la part de Muhammad et de la famille de Muhammad.” Ensuite, il distribuait leur viande aux pauvres et en mangeait lui et sa famille. De nombreuses années passèrent sans que nous ayions vu un homme des Banû Hâshim offrir de sacrifice, car Allâh, par le geste de Son Messager, les avait exemptés (Salla Allah ‘alayhi wa Salam) et dispensés de cette dépense. » Une autre preuve du fait qu’il s’agit d’une sunnah et non d’une obligation réside dans le hadith rapporté par Ahmad, d’après Ibn `Abbâs, et attribué au Prophète : « Je fus ordonné d’accomplir les deux rak`ahs de la prière d’ad-duhâ mais pas vous, et je fus ordonné d’offrir le sacrifice mais pas vous. » Ce hadith fut également rapporté par Al-Bazzâr, Ibn `Adiyy et Al-Hâkim d’après Ibn `Abbâs avec cet énoncé : « Trois choses sont obligatoires pour moi et facultatives pour vous : le sacrifice, (la prière) d’al-watr et les deux rak`ahs d’ad-duhâ. » Cependant, ce hadith est jugé faible.

La majorité répondit au hadith avancé par les tenants de l’obligation, à savoir le hadîth rapporté par Ahmad et Ibn Mâjah, selon Abû Hurayrah, le Prophète (Salla Allah ‘alayhi wa Salam) dit : « Quiconque est aisé et n’offre pas de sacrifice, qu’il n’approche pas notre lieu de prière. », que ce hadith n’exprime pas explicitement l’obligation — comme cela est précisé dans le Fath —, au même titre que les hadiths que nous citerons plus bas et qui indiquent le temps imparti pour le sacrifice et que toute personne ayant sacrifié avant cet intervalle de temps n’a plus qu’à recommencer.




Source : islamophile

Traduit de l’arabe de l’encyclopédie de fatwas d’Al-Azhar.

 

Repost 0
Published by Imaniatte - dans JURISPRUDENCE
23 novembre 2008 7 23 /11 /novembre /2008 03:24


Les grands péchés :Al Kabahir (Partie 3)



Salam alikoum wa Rahmato Allah wa Barakato, voici la partie 3 du 69 GRANDS PECHES . Pour voir les parties précédentes 1; 2


21- Calomnier des femmes mariées : Allah Taâla dit : « Ceux qui lancent des accusations contre des femmes vertueuses, chastes et croyantes sont maudits ici-bas comme dans l’au-delà ; et ils auront un énorme châtiment ». (Sourate 24 ; 23). Allah Taâla dit aussi : « Et quand à ceux qui lancent des accusations (d’adultère) contre les femmes (Honnêtes) sans produire 4 témoins, fouettez-les de 80 coups de fouets. Ceux-là sont les pervers ». (Sourate 24 ; 4)

22- S’approprier du butin (à la fin d’une bataille ou détourner de l’argent du trésor public ou des aumônes): Allah Taâla dit : « Un Prophète n’est pas quelqu’un à s’approprier du butin. Quiconque s’en approprie, viendra avec ce qu’il s’est approprié le jour de la Résurrection. Alors à chaque individu on rétribuera pleinement ce qu’il aura acquis» (Sourate 3 ; 161). Omar Ben Al-Kattab (Radia Allah ‘anh) rapporte: Le jour de « Khaibar » quelques uns des compagnons du Prophète (Salla Allah ‘alayhi wa Salam) vinrent et lui dire : « Un tel est mort martyr, un tel est mort martyr ». L’Envoyé d’Allah (Salla Allah ‘alayhi wa Salam) leur répondit : « Non, il ne l’est pas car je l’ai vu en Enfer à cause d’un vêtement ou d’un manteau qu’il avait volé du butin » (rapporté par Muslim).

23- Pratiquer un vol quelconque : Allah Taâla dit : « Le voleur et la voleuse, couper leur une main à tous les deux, en punition de ce qu’ils se sont acquis, et comme châtiment de la part d’Allah ». (Sourate 5 ; 38).

24- lutter contre Allah et son Messager ou pratique la discorde sur terre : Allah Taâla dit : « La récompense de ceux qui luttent contre Allah et son Messager, et qui s’efforcent de semer la corruption sur la terre, c’est qu’il soit tués, ou crucifiés, ou que soit coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu’ils soient expulsés du pays. Ce sera pour eux ignominie ici-bas, et dans l’au-delà, il y aura pour eux un énorme châtiment ». (Sourate 5 ; 33).

25- Pratiquer des serments mensongers : Allah Taâla dit : « Ceux qui vendent à vil prix leur engagement avec Allah ainsi que leurs serments n’auront aucune part dans l’au-delà, et Allah ne leur parlera pas, ni ne les regardera, le jour du Jugement dernier, ni ne les purifiera ; et ils auront un châtiment douloureux ». (Sourate 3 ; 77). Abû Oumama (Radia Allah ‘anh) rapporte : « Nous étions chez le Prophète (Salla Allah ‘alayhi wa Salam) il nous dit : « Celui qui s’empare des biens d’un homme Musulman par un faux serment (mensonger), Allah le précipitera dans l’enfer et lui interdira l’accès au Paradis ». Un homme lui demanda : « Même si ces biens ont peu de valeur ? ». - Oui, même s’il s’agit d’un bâton d’arak lui répondit-il ». (Rapporté par Muslim).


26-
Pratiquer l’injustice : Allah Taâla dit :" Quiconque parmi vous aura été injuste ! Nous lui ferons goûter un grand châtiment". (Sourate 25 ; 19), dans une autre sourate Allah Taâla dit :" Nous avons préparé pour les injustes, un feu dont les parois les cerneront de toutes part, cependant que, s'ils implorent la pluie, il pleuvra sur eux une eau de métal fondu rôtissant les visages...." Sourate 18 ; 29). Abû Mussa (Radia Allah ‘anh) a dit: " Prophète (Salla Allah ‘alayhi wa Salam)  a dit : « Allah accorde un répit à l'homme injuste, mais quand il veut le châtier, il ne lui laisse aucune issue pour s'échapper ». Puis il récita ce verset : « Telle est la saisie de ton seigneur quand il saisit les cités lorsqu’elles ont été injustes. Sa saisie est douloureuse, forte, vraiment »! (Sourate 11 ; 102)" (Rapporté par Al Bokhari et Muslim).

27- Pratiquer un prélèvement quelconque (Dîme, sur une marchandise, droit de passage, toutes formes de rackets, bakchichs douane ou police) : Allah Taâla dit  « Il n’y a de voie (de recours) que contre ceux qui lèsent les gens et commettent des abus, contrairement au droit, sur la terre : Ceux-là auront un châtiment douloureux ». (Sourate 47 ; 42).

28- S’acquérir et dilapider tout ce qui est illicite : Allah Taâla dit  « Et ne dilapider pas mutuellement et illicitement vos biens, et ne vous en servez pas pour corrompre des juges pour vous permettre de dilapider une partie des biens des gens, injustement et sciemment ». (Sourate 2 ; 188). Ibn Abbas (Radia Allah ‘anh) à interprété ce verset dans le sens suivant : «Il s’agit d’une personne qui œuvre à posséder les biens par de faux serments pour s’emparer des biens de son frère injustement. Ceci comprend deux façons de procéder : la première c’est d’acquérir ces biens par contrainte, vol ou déloyauté. La seconde par des moyens de frivolité ou de jeux de hasard ».

30- se suicider : Allah Taâla dit : « Et ne vous tuez pas vous-mêmes. Allah en vérité, est miséricordieux envers vous. Et quiconque fait cela, par excès ou iniquité. Nous le jetterons au Feu. Voilà qui est facile pour Allah ». (Sourate 4 ; 28-29). Abû Houraira (Radia Allah ‘anh) a rapporté ces propos du Prophète (Salla Allah ‘alayhi wa Salam) : « Quiconque se tue par un morceau de fer, se frappera le ventre éternellement dans le feu de l’enfer. Quiconque se tue en prenant du poison, boira éternellement ce poison dans le feu de l’enfer. Quiconque se tue en ce jetant dans un précipice, tombera dans le feu de l’enfer pour y demeurer éternellement ». (Rapporté par Al Bokhari et Muslim).

Source: Al-Kabair DE Mohammed Ben Ahmad Ben Othman Adh-Dhahabi .

Repost 0
Published by Imaniatte - dans JURISPRUDENCE
11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 04:02

Les grands péchés: Al Kabahir (Partie 2)

      
         Salam alikoum wa Rahmato Allah wa Barakato, voici la partie 2 du
69 GRANDS PECHES. (Partie 1)

11- Pratiquer l’homosexualité: Allah Taâla dit : « Accomplissez-vous l’acte charnel avec les mâles de ce monde ? Et délaissez-vous les épouses que votre Seigneur a créées pour vous ? Mais n’êtes-vous que des gens transgresseurs ? Nous le sauvâmes (le prophète Lot), lui et toute sa famille. Sauf sa femme qui fut parmi les exterminés. Puis nous détruisîmes les autres. Et Nous fîmes pleuvoir (sur la ville de Sodome) sur eux une pluie de pierres. Et quelle pluie fatale pour ceux qui furent avertis » (Sourate 21 ; 165-173).

12°- Pratiquer des prêts avec des intérêts (l’usurier): Allah Taâla dit : « Oh les croyants ! Ne pratiquez pas l’usure en multipliant démesurément votre capital ! Et craigniez Allah afin que vous réussissiez ! » (Sourate 3 ; 130). Ibn Mas’ûd (Radia Allah ‘anh) rapporte : «le prophète (Salla Allah ‘alayhi wa Salam) a maudit celui qui prenait le profit usuraire (l’intérêt) et celui qui le donnait». (Rapporté par Muslim)

 13- Dilapider les biens d’un orphelin dont on a la charge: Allah Taâla dit  «Ceux qui dilapident les biens d’un orphelin ne font qu’emplir leurs entrailles de feu. Ils brûleront bientôt dans les flammes de l’Enfer» (Sourate 4 ; 10).

14- Pratiquer le mensonge contre Allah ou son Messager: Allah Taâla dit  «El au jour de la Résurrection, tu verras les visages devenus noirs de ceux qui mentaient sur Allah »  (Sourate39 ; 60)

15- Fuir la lutte (ou le combat) dans le chemin d’Allah: Allah Taâla dit : « O vous qui croyez quand vous rencontrez (l’armée) des mécréants en marche ne leur tournez pas le dos. Quiconque tourne le dos, à moins que ce soit par tactique de combat, ou pour rallier un autre groupe – Celui-là encourt la colère d’Allah et son refuge sera l’enfer. Et quelle mauvaise destination ! ». S8, (Sourate 8 ; 16)

16°- Lorsque l’on est investit de pouvoir (Royauté ou autre) tromper ses sujets (ou ses électeurs) et les traiter avec injustice : Allah Taâla dit  : « Et baise ton aile (soit bienveillant) envers les croyants qui te suivent » (Sourate 26 ; 215), Allah Taâla dit aussi « Certes Allah vous commande l’équité, la bienfaisance et l’assistance aux proches ; Et il interdit la turpitude, l’acte répréhensible, ainsi que de violer les droits des autre » (Sourate 16, 90). Maaqal Ibn Yâsar (Radia Allah ‘anh) rapporte : j’ai entendu dire par le prophète (Salla Allah ‘alayhi wa Salam) : « Tout homme à qui Allah a investit de pouvoir et qui meurt alors qu’il trompe ses administrés, Allah lui interdit le Paradis » (Rapporté par Muslim).

17- Agir avec orgueil ou fierté: Allah Taâla dit : « Votre DIEU est un DIEU unique. Ceux qui ne croient pas en l’au-delà... sont rempli d’orgueil. Nul doute qu’Allah sait ce qu’ils cachent et ce qu’ils divulguent. Et assurément Il n’aime pas les orgueilleux ». (Sourate 146 ; 22-23). Allah Taâla dit  aussi « Et ne foule pas la terre avec orgueil » : Tu ne sauras jamais fendre la terre ni atteindre la hauteur des montagnes ». (Sourate 17 ; 37). Ibn Masoud (Radia Allah ‘anh) rapporte que  le prophète (Salla Allah ‘alayhi wa Salam) a dit : « N’entera jamais au Paradis celui qui a dans son cœur le poids d’un atome d’orgueil. Quelqu’un a dit : On aime pourtant avoir un bel habit et de belles chaussures. Il a dit (Salla Allah ‘alayhi wa Salam) : Allah est beau et Il aime la beauté. L’orgueil c’est le fait de ne pas accepter une vérité venant des autres et de les mépriser » (rapporté par Muslim).

 18- Commettre de faux témoignages : Allah Taâla dit : « Ceux qui ne font pas de faux témoignages ». (Sourate 21 ; 72). Allah Taâla dit aussi : «Abstenez-vous de paroles mensongères » (Sourate 22 ; 30).

19- Consommer de l’alcool : Allah Taâla dit : « O les croyants ! Le vin, les jeux de hasard, les pierres dressées, les flèches de divination ne sont qu’une abomination du Diable. Ecartez-vous en afin que vous réussissiez.  Le Diable ne veut jeter parmi vous, à travers le vin et le jeu de hasard, que l’inimitié et la haine, et vous détourner d’invoquer Allah et de la prière. Allez-vous donc y mettre fin ? ». (Sourate 5 ; 90-91).


20-
S’adonner aux jeux de hasard : Allah Taâla dit : « O les croyants ! Le vin, les jeux de hasard, les pierres dressées, les flèches de divination ne sont qu’une abomination du Diable. Ecartez-vous en afin que vous réussissiez.  Le Diable ne veut jeter parmi vous, à travers le vin et le jeu de hasard, que l’inimitié et la haine, et vous détourner d’invoquer Allah et de la prière. Allez-vous donc y mettre fin ? ». (Sourate 5 ; 90-91). Sont interdits : Toutes formes de loteries ou Loto et autres tickets à gratter. Toutes formes de paris : Tiercé ou autres. Tous les jeux (y compris les cartes, les dés etc..) qui utilisent et dilapident l’argent ou les biens de la famille. Allah Taâla dit : « Et ne dévorez pas mutuellement et illicitement vos biens.. ». (Sourate 2 ; 188).

Source: Al-Kabair DE Mohammed Ben Ahmad Ben Othman Adh-Dhahabi .
Repost 0
Published by Imaniatte - dans JURISPRUDENCE
5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 19:14


Les grands péchés: Al Kabahir (Partie 1)



Allah Taâla nous dit dans le Saint Coran : « Si vous évitez les grands péchés qui vous sont interdits, Nous effacerons vos méfaits de votre compte, et Nous vous ferons entrer au Paradis » (Sourate 4 ; 31),  Allah Taâla nous dit aussi: « Ceux qui évitent les grands péchés ainsi que les turpitudes et qui ne commettent que des fautes légères. Certes le pardon de Ton seigneur est immense » (Sourate 53 ; 32).

Abû Houraira (Radia Allah ‘anh) rapporte que le prophète (Salla Allah ‘alayhi wa Salam) a dit: « Chacune des cinq prières efface les péchés commis entre le moment de son accomplissement et la prière précédente. De même la Prière du vendredi efface les péchés commis depuis le vendredi précédent, à condition de s’abstenir de faire de grands péchés (Al-Kabair) ». (Rapporté par Muslim).

Othman Iben Affan (Radia Allah ‘anh) a dit : « J’ai entendu le prophète (Salla Allah ‘alayhi wa Salam) dire : « Toutes les fois qu’un Musulmans (ou une Musulmane) quand vient l’heure d’accomplir la prière obligatoire, fait ses ablutions avec le plus grand soin, puis réalise sa prière avec le recueillement et l’humilité nécessaire en accomplissant des gestes parfaits (inclinaison, prosternation), cela lui efface automatiquement tous les péchés précédents tant qu’il ne commet pas de grands péchés et ce durant toute sa vie ».(Rapporté par Muslim).


Quels sont donc ces grands péchés ?


D’après Mohammed Ben Ahmad Ben Othman Adh-Dhahabi dans son livre Al-Kabair, Il est important de savoir qu’il existe : 69 GRANDS PECHES.

1-
Pratiquer le Polythéisme : Allah Taâla dit: « Quiconque associe à Allah d’autres divinités, Allah lui interdit le Paradis ; et son refuge sera le Feu ». (Sourate 5 ; 72). Autre forme de Polythéisme : faire un acte par ostentation, Abû Houraira (Radia Allah ‘anh) a rapporté que le prophète (Salla Allah ‘alayhi wa Salam)  a dit : qu'Allah Taâla a dit: "Je me suffis à Moi-même que je n'ai pas besoin d'associé. Dès lors, celui qui fera une action pour plaire à un autre que Moi, Je délaisserais son action, l'abandonnant à celui (ou celle) qu'il aura associé à Moi ! “. (Rapporté par Muslim)


2- Accomplir un meurtre : Allah Taâla dit: « Quiconque tue intentionnellement un croyant, sa rétribution sera l’enfer, pour y demeurer éternellement. Allah l'a frappé de sa colère, l’a maudit et lui a préparé un énorme châtiment ». (Sourate 4 ; 93),


3- Pratiquer la magie : Allah Taâla dit: « Les diables sont les incroyants, ils enseignent la magie… Celui qui l’acquiert (ce pouvoir) n’aura aucune part dans l’au-delà ». (Sourate 2 ; 102).


4- Négliger les prières obligatoires : « Malheur donc, à ceux qui prient tout en négligeant (et retardant) leur prière». (Sourate 107 ; 4-5). Allah Taâla dit aussi : « Puis leur succédèrent des générations qui délaissèrent la prière et suivirent leurs passions. Ils se trouveront en perdition » (Sourate 19 ; 59). Burayda (Radia Allah ‘anh) rapporte que le prophète (Salla Allah ‘alayhi wa Salam) a dit : « Le pacte qui existe entre eux et nous est la prière. Quiconque l’a délaissée est dores et déjà un mécréant ». (Al-Thirmidy)


5- Ne pas donner l’aumône obligatoire (Azzakat) : «Ô vous qui croyez ! Beaucoup de rabbins et de moines dévorent, les biens des gens illégalement et [leur] obstruent le sentier de Dieu. A ceux qui thésaurisent l'or et l'argent et ne les dépensent pas dans le sentier de Dieu, annonce un châtiment douloureux. le jour où (ces trésors) seront portés à l'incandescence dans le feu de l'Enfer et qu'ils en seront cautérisés, front, flancs et dos : voici ce que vous avez thésaurisé pour vous-mêmes. Goûtez de ce que vous thésaurisiez ». (Sourate 9 ; 34-35). Abû Zarr (Radia Allah ‘anh) rapporte : « Je me dirigeai vers le prophète (Salla Allah ‘alayhi wa Salam) qui se trouvait à l’ombre de la Ka’ba. Lorsqu’il me vit il dit : « Ils sont perdants par le seigneur de la Ka’ba »…Je répondis qui sont ces perdants ? ». Il me répondit : « Les plus fortunés, à moins qu’ils ne dépensent leur argent par-ci, par-là en aumônes, mais ils sont quand même très rares. Il n’y a aucun homme qui possèdent des chameaux, des vaches, et des moutons et ne paye pas la zakat à leur sujet, sans que ces animaux ne viennent, au jour de la résurrection plus gros qu’ils étaient (dans ce monde) le frapper par les cornes et le fouleront de leurs sabots, de sorte que le premier, de ces animaux aura passé, le dernier reviendra, jusqu’à ce que les comptes des hommes aient été réglés » (Rapporté par Muslim).


6- Rompre volontairement le jeûne un jour du mois de Ramadan : Allah Taâla dit : «Ô les croyants ! On vous a prescrit as-Siyam comme on l'a prescrit à ceux d'avant vous, ainsi atteindrez-vous la piété. Pendant un nombre déterminé de jours. Quiconque d'entre vous est malade ou en voyage, devra jeûner un nombre égal d'autres jours. Mais pour ceux qui ne pourraient le supporter (qu'avec grande difficulté), il y a une compensation : nourrir un pauvre. Et si quelqu'un fait plus de son propre gré, c'est pour lui; mais il est mieux pour vous de jeûner; si vous saviez ! » (Sourate 2 ; 183-184). Celui qui rompt le jeûne : manger ou boire volontairement pendant le mois de ramadan doit expier son péché de la façon suivante: Jeûner pendant deux mois consécutifs ou donner à manger à soixante pauvres ou affranchir un esclave croyant et ceci autant de fois que la faute est commise.


7- Ne pas accomplir le Pèlerinage à la Mecque alors que l’on a les moyens : Allah Taâla dit : « Oui, la première maison qui a été désignée aux hommes c'est bien celle de la Mecque, bénie, pour la guidée des mondes » (Sourate 3 ; 96-97). Ali Iben Talib (Radia Allah ‘anh)  a dit : « Quiconque possède des provisions et une monture capable de le transporter à la maison Sacrée d’Allah, mais qui n’accomplit pas le pèlerinage, qu'il meurt à l’état de juif ou de chrétien ».(Rapporté par Al-Tirmidhy).


8- Etre ingrat envers ses parents: Allah Taâla dit « et ton Seigneur a décrété : "n'adorez que Lui; et (marquez) de la bonté envers les père et mère : si l'un d'eux ou tous deux doivent atteindre la vieillesse auprès de toi; alors ne leur dis point : "Fi !" et ne les brusque pas, mais adresse-leur des paroles respectueuses. Et par miséricorde; abaisse pour eux l'aile de l'humilité; et dis : "Ô mon Seigneur, fais-leur; à tous deux; miséricorde comme ils m'ont élevé tout petit » (Sourate 17 ; 23-24).


9- Rompre les liens de parentés (ou fuir ses proches parents) : Abû Houraira (Radia Allah ‘anh) a rapporté que le prophète (Salla Allah ‘alayhi wa Salam)  a dit :" Lorsqu' Allah eut terminé de créer toutes les créatures, le lien de parenté se leva, alla chercher refuge auprès d'Allah et lui dit :" Arrête-Toi, Seigneur! C'est la requête de celui qui sollicite Ta protection contre la rupture ! Allah répondit : " Es-tu satisfait si J'accorde Mes faveurs à celui qui cherche à te sauvegarder, et si Je rejette celui qui te coupera ? ". Le lien de parenté dit alors :" Tout à fait, O Maître et Seigneur! Allah dit : " Il en sera ainsi ! " (Rapporté par Al-Bokhari). Allah Taâla dit aussi: « Si donc vous êtes investis de pouvoir, se peut-il que vous alliez commettre le désordre sur terre et rompant vos liens de parentés ? Ceux-là, Allah les a maudit, puis Il les rend sourds, et Il aveugle leurs yeux ». (Sourate 47 ; 22- 23).


10- Pratiquer l’adultère : Allah Taâla dit : « Et n’approchez pas de l’adultère (ou la fornication). En vérité c’est une abomination et un mauvais chemin» (Sourate 17 ; 32). La punition est décrite dans la sourate 24 verset 2 : « Le fornicateur et la fornicatrice, fouettez-les chacun de cent coups de fouet et ne soyez pas pris de pitié dans l’exécution de la loi de Dieu ».

 

Source: Al-Kabair DE Mohammed Ben Ahmad Ben Othman Adh-Dhahabi .


Repost 0
Published by Imaniatte - dans JURISPRUDENCE
29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 13:23



Les dix-sept péchés tirés de la Sunnah par Abû Tâlib Al-Makkî


Les péchés se subdivisent en péchés capitaux ou majeurs (kabâ’ir) et en péchés véniels ou mineurs (saghâ’ir). Certains savants ne sont pas de cet avis et prétendent que toute entorse à une loi divine est un péché majeur. Même si l’intention de ces savants est louable (s’écarter de tout type de péché), leur avis demeure cependant faible, car Allah Taâla dit : « ceux qui évitent les plus grands péchés ainsi que les turpitudes et qui ne commettent que des fautes légères. Certes, le pardon de Ton Seigneur est immense. » [Sourate 53 ; 32]

Allah Taâla dit également : « Si vous évitez les grands péchés qui vous sont interdits, Nous effacerons vos méfaits de votre compte, et Nous vous ferons entrer en un Lieu honorable. » [Sourate 4 ; 31]

Les savants ont divergé au sujet du nombre et de la nature des péchés majeurs. Abû Tâlib Al-Makkî a mentionné dix-sept péchés tirés de la Sunnah. Ils se déclinent comme suit :


Quatre dans le cœur :

1- associer d’autres divinités à Dieu.

2- persister dans la transgression de la loi de Dieu.

3- désespérer de la Miséricorde de Dieu.

4- ne pas craindre le châtiment de Dieu en pensant qu’Il ne sévira pas contre les transgressions dans ce monde.

 

Quatre par la langue :

1- porter faux témoignage.

2- accuser injustement d’adultère une personne vertueuse et chaste.

3- pratiquer la magie.

4- mentir sous serment afin de s’emparer d’un bien ou afin d’avantager une personne qui est dans le tort.

 

Trois liés au ventre :

1- boire le vin ou toute autre boisson qui provoque la perte de la raison.

2- dépenser à son propre profit l’argent des orphelins.

3- vivre d’un argent issu de l’usure, laquelle est strictement interdite.


 Deux sont liés au sexe :

1- commettre la fornication

 2- la sodomie.

 

Deux concernent les mains :

1-tuer.

2-voler.

 

Un concerne les pieds :

Fuir l’ennemi au cours d’une bataille ; il n’est en effet pas permis de fuir devant un ennemi au plus deux fois plus nombreux.


 Un concerne le corps tout entier :

l’ingratitude envers les parents, qui se manifeste lorsqu’une personne désobéit à ses parents et n’accomplit pas ses devoirs envers eux, ou envers l’un d’eux, en terme de respect, de soins et de subvention à leurs besoins, qu’il s’agisse de besoins financiers ou affectifs.

Tel est le point de vue d’Abû Tâlib Al-Makkî. Celui-ci n’a néanmoins pas classifié les péchés qu’il mentionne en péchés majeurs ou mineurs.

Source : islamophile

Repost 0
Published by Imaniatte - dans JURISPRUDENCE
8 juin 2006 4 08 /06 /juin /2006 15:56

Les Écoles Rituelles (madhâhib) dans le Sunnisme

 

Les Quatre écoles sunnites qui existent encore de nos jours sont les suivantes : Mâlikite, Hanafite, Chafi'îte et Hanbalite. Mais d'autres ont existé dans un passé plus lointain, notamment avant le raz-de-marée Mongol, qui n'a pas entraîné que des destructions matérielles, mais aussi un appauvrissement culturel de la civilisation musulmane (et Arabe en particulier).

 

Pour preuve, cette affirmation de l'Imam al­Suyûtî (mort en 911 H. / 1515 ap. J.-C..), dans son ouvrage « Le Retour de jésus » : « Mais le plus étonnant encore, c'est de s'interroger sur les quatre rites. Est-il venu à l'esprit que les rites de cette loi religieuse se limitent seulement à quatre doctrines fondamentales? Il faut savoir pourtant que le nombre de ceux qui recourent à l'effort personnel (Ijtihâd), en matière de loi religieuse, est illimité et que chacun, parmi les compagnons et leurs successeurs immédiats, avait sa propre doctrine ou son école juridique. En effet, on comptait à leur époque pas moins de dix écoles ou rites ayant leurs propres chefs et leurs manuels bien établis. Car, en plus des quatre rites fondamentaux, il y a ceux de Sufyan ibn `Uyayna, de Sufyan al-Thawri, d âl-Layth ibn Sa'd, d'Ishaq ibn Rahawayya, d'Ibn Jarir et d'Ibn Daoud. Chacun d'eux avait ses propres disciples qui adoptaient sa thèse et appliquaient sa doctrine. Donc, si les doctrines et les écoles juridiques sont nombreuses, pour quelle raison s'est-on limité aux quatre rites ? ».

 

Par ailleurs, à l'époque des anciens (Compagnons et Suivants), le Madhhab (rite) pratiqué et enseigné par `Ali, son épouse Fatima, leurs enfants Hassan et Hussein et leurs partisans (qu'on appellera les Chiites) n'était pas considéré par les autres musulmans comme un rite hérétique, mais « sunnite », c'est-à-dire conforme à la Sunna prophétique, les divergences étant seulement, alors, politiques. Ce n'est qu'à la suite du fossé creusé par des générations de lutte fratricide entre les Alides et les Omeyyades que la distinction rituelle se renforça, au point que chaque courant regardait l'autre comme hétérodoxe.

 

Ceci dit, les différences entre les « branches » du monde musulman (sunnite, chiite et kharidjïte) sont, du moins à l'origine, moins doctrinales que politiques, et même de nos jours, chaque année, des Musulmans de toutes les tendances prient dans la même mosquée côte à côte à La Mecque.

Les quatre rites sunnites


En ce qui concerne les quatre rites sunnites subsistant de nos jours, ce sont:


L'école Malikite

C'est le Rite (madhhab) ancien par excellence, à côté du rite Hanafite, si l'on excepte les écoles Chi'ites (dont beaucoup se sont constituées tardivement et par opposition entre elles, principalement au sujet de la reconnaissance de leurs Imams successifs). Le rite malikite est la somme de l'enseignement reçu puis transmis par l'Imam de Médine, Mâlik Ibn Anas, né et mort à Médine (94 H.- 179 H).

 

L'Imam Mâlik fut un disciple direct des Compagnons du Prophète (Salla Allah ‘alih wa Salam) et notamment de Sahl Ibn Sa'd. Il étudia aussi auprès de Ja'far as-Sâdiq et connut Abû Hanifah. Il fut l'auteur du premier traité de droit musulman, al-Muwatta' « La Voie Aplanie » ou « La Voie rendue aisée», qui est aussi le premier recueil de hadiths.  L'Imam Mâlik était donc l'héritier principal de la plus ancienne école d'exégèse coranique fondée par le Compagnon `Ubay al-'Ansâri (mort en 28H.) à Médine, la Ville du Prophète (Salla Allah ‘alih wa Salam), qui était naturellement la mieux placée en tant que dépositaire des «traditions connues» (hadith Mashhûr).

 

Dans la définition du Droit (fïqh) musulman, cette école, après le Coran, admet comme sources (Oussoul), la sunna prophétique, mais presque exclusivement basée sur les seuls hadiths qui sont connus de l'ensemble de la première communauté médinoise, car, au-delà, la science du hadith a donné lieu à des polémiques sans fin entre les docteurs de l'Islam. Le consensus ('ijmâ') s'est ensuite néanmoins rapidement établi, dans le sunnisme, sur l'exactitude des deux recueils authentiques (sahîh) d'Al-Bukhârî et de Muslim, ainsi que l'ont constaté des chroniqueurs anciens, auxquels se réfère notamment Ibn Khaldûn (mort en 808 H). Les bases juridiques de cette école sont donc bien sûr avant tout le Coran (comme pour les autres écoles d'ailleurs), puis la sunna, connue principalement par les coutumes médinoises (Adât al-Madîna), mais aussi le consensus des savants ('ijmâ'), l'opinion personnelle (ra'y) qui découle de la réflexion (fikr) et de l'effort d'interprétation personnelle (Ijtihâd),  ainsi que le raisonnement par analogie (qiyâs).

 

Et bien qu'elle soit assez scrupuleuse sur le plan de la pratique religieuse (notamment des cinq piliers fondamentaux de l'Islam), cette école est aussi, avec l'école hanafite, la plus ouverte et la plus souple dans son adaptation aux différentes réalités locales et temporelles (la coutume, `ourf), à la réflexion personnelle et à l'évolution du monde. Elle est donc mieux en mesure d'appréhender les adaptations nécessaires d’une façon dédramatisée et efficaces. Et surtout cette école, à la suite de son fondateur, homme humble et scrupuleux, a une motivation fondamentale, une intention (niyya) tournée avant tout vers la préservation de l'unité de la oumma, préférant cultiver ce qui réunit que de rechercher des solutions juridiques qui pourraient diviser. Cela la distingue notamment de l'école hanbalite (à partir d'Ibn Taymiya), plus vindicative, et qui a souvent pris le risque de susciter des fitna (trouble, division) au nom de la recherche de solutions juridiques.

 

Cette École sunnite malikite est répandue autour du golfe Arabo-Persique, au Soudan, en Afrique du Nord et de l'Ouest.


L'école Hanafite

Cette école a été fondée par l'Imam `Abu Hanifa à Bagdad (mort en 150 H) Il était d'origine irakienne mais vivait en Perse. Sa jurisprudence prend, comme source première, le Coran, puis les seuls hadiths admis par l'ensemble de la communauté (Abû Hanifa a récusé beaucoup de hadiths qui lui semblaient douteux), partageant le même souci et la même doctrine essentielle que Mâlik en ce qui concerne les fondements du Droit. Il admet également l'opinion personnelle (Ra'y) et l'Ijtihâd (l'effort de recherche personnelle), car Allah - qu'Il soit exalté - a créé l'homme doué de raison et Il appelle constamment Sa créature intelligente à raisonner.

 

Soutenue par les Abbassides, les Seldjoukides et les Ottomans, l'école hanafite s'est enracinée principalement chez les non-arabophones, au Moyen-Orient (principalement en Turquie), en Chine. Considérée par certains commentateurs comme plus « ouverte » que les autres écoles, on lui a reproché aussi parfois une « imitation servile » (taqlîd) des choix juridiques du passé, pouvant figer sa capacité d'adaptation aux réalités contingentes en perpétuelle mutation.


L'école Chafi'ite


Cette école s'est inspirée de l'Imam Chafi'î (mort au Caire en 204 H) Après avoir voyagé dans tout l'orient arabe et étudié les doctrines Mâlikites et Hanafites, il créa une synthèse avec pour souci de clarifier l'articulation des sources de la loi musulmane, pour l'appliquer aux événements contemporains. Il a réuni ses théories dans son ouvrage al-Riçâla (l'Epître).

 

Selon lui, les sources du Droit doivent être :

-   Le Coran.

- Le hadith (sans toutefois donner de priorité à la coutume traditionnelle de la communauté, priorité qui caractérisait les précédentes écoles d'Irak et d'Arabie, et notamment de Médine, comme le faisait l'Imam Mâlik).

- Le Qiyâs (raisonnement et déduction par analogie, mais qui n'intervient selon lui que lorsque les deux premières sources de la loi ne donnent pas de réponse sur une question précise ou nouvelle).

 - L'Ijma' (consensus des compagnons, puis dans les générations suivantes, consensus des savants religieux de la communauté, ce qui dans la pratique est assez difficile à réaliser). Quand au ra'y (raisonnement personnel), il est écarté purement et simplement des sources du droit musulman, contrairement aux deux écoles précédentes. Ceci a sans doute eu pour effet de figer l’Ijtihâd.

 

Cependant, on peut dire toutefois que l'Imam Châfi'î a eu le souci légitime de brider certains effets extrêmes du ra'y et de l'Ijtihâd dont quelques-uns se servaient parfois en dépit du bon sens, sans profonde connaissance du Coran et de la sunna héritée des anciens, pour tenter de justifier des interprétations hasardeuses du Livre, voire des innovations blâmables qui allaient se cristalliser bientôt sous la forme de l'hérésie rationaliste et intolérante du Mu'tazilisme.

 

Puis, avec le temps et l'influence des deux premières écoles, un recentrage s'est peu à peu opéré dans cette école, pour donner un peu plus de poids au consensus (Ijma') des savants, ce qui libère partiellement l'Ijtihâd de la stricte dépendance au hadith (considéré jusque là par cette école comme la norme absolue de la sunna).

 

Cette école s'est implantée en Arabie, au Nord de l'Égypte, en Afrique de l'Est et dans tout l'Orient : Inde, Indonésie, Malaisie, Thaïlande, Viêt-nam, Philippine.


L'école Hanbalite

 Cette école se réclame d'Ahmad Ibn Hanbal (mort en 241 H), est pratiquement née du conflit qui a opposé Ibn Hanbal aux Mu'tazilites (rationalistes hellénisants passablement intolérants) et aux autorités politiques qui soutenaient alors les Mu'tazilites. La réputation d'Ibn Hanbal s'est forgée durant ces événements au cours desquels il fut persécuté et emprisonné sans jamais se renier. En fait, Ibn hanbal était principalement un spécialiste du hadith (un traditionniste, un rapporteur des traditions prophétiques). C'était aussi un traditionnaliste scrupuleux qui se méfiait du ra'y (opinion personnelle) et du qiyâs (analogie), car, selon lui, ils avaient ouvert la porte à l'hérésie mu'tazilite, source d'innovations pécheresses et de division de la communauté. La polémique qui l'opposa à ces derniers, au sujet de la nature du Coran, et qui lui valut la persécution, donna dès le départ à cette école une teinte contestataire, alors que dans sa doctrine, Ibn Hanbal privilégiait surtout la sunna (la coutume communautaire héritée des anciens formés par le Prophète (Salla Allah ‘alih wa Salam) et ses compagnons et suivants et l'unité communautaire, en bon sunnite.

 

Cette école se développa ensuite et ses missionnaires apportèrent leur madhhab dans des contrées lointaines, notamment dans le nord de l'Iran où allait naître le Cheikh Abd al-Qâdir al Jilânî (mort en 1166 ap. J.-C.), grand organisateur du soufisme confrérique.

 

Un siècle plus tard naissait le théologien Ibn Taymiyya (mort en 727 H). Son approche est sensiblement différente de celle du fondateur Ibn Hanbal. Avant même l'intérêt de l'unité communautaire, la recherche de solutions juridiques semblent primer chez lui. Il intervient notamment auprès des Princes arabes lors de la conquête mongole, pour dénoncer l'apathie des Chouyoukh des confréries soufies, qui voient, dans le nouvel envahisseur, l'expression de la colère d'Allah - qu'Il soit exalté -, d'autant plus que les Tatares se sont converties à l'Islam (après avoir - il est vrai - ravagé l'orient arabe). C'est sans doute en grande partie son nationalisme arabe qui lui fait alors traiter les nouveaux maîtres Mongols d'hypocrites, et il parvient à entraîner des princes arabes dans la résistance, malgré l'attitude réservée des confréries soufies.

 

Dans cette lutte, les arabes subissent d'effroyables pertes irrémédiables, mais fait paradoxal, en affaiblissant considérablement la puissance du déferlement mongol vers la Méditerranée, ils sauvent de fait de justesse leur ennemi héréditaire, l'auteur des croisades, à savoir le monde chrétien occidental qui n'était pas en mesure, à cette époque, vu son retard militaire et son extrême morcellement politique, de résister au raz de marée Asiatique.

 

Serait-ce donc par son attachement ethnique et culturel, c'est-à-dire en fin de compte par, un chauvinisme digne de la Jahiliya (période de l'ignorance pré-islamique des Arabes), qu'Ibn Taymiyya a agi ? En ce cas, il aura simplement poussé les Arabes à faire de leurs propres corps et cadavres, l'ultime rempart pour sauver leurs ennemis trinitaristes qui les persécutaient depuis sept siècles ! Et pour les sauver de quoi ? De l'Islamisation qu'aurait pu entraîner l'invasion des mongols (convertis) en Europe ! Ce qui aurait stoppé, entre autre, la reconquista des fanatiques catholiques en Espagne...

 

Mais Allah - qu'Il soit exalté -, fidèle à Son éternelle Coutume, ne favorise pas un peuple rebelle, qui préfère sa nationalité, sa race ou sa langue, à sa religion, alors que la seule noblesse réside dans la piété, conformément à Sa Parole.

 

Par ailleurs, l'intransigeance dogmatique d'Ibn Taymiya, son rigorisme sourcilleux, a assurément fait dévier après lui cette école dans une voie particulièrement austère. Ce qui n'enlève rien aux qualités intrinsèques de ses ouvrages.

 

Cette école Hanbalite se cantonne désormais essentiellement en Arabie Saoudite où elle a donné naissance à une nouvelle école : le wahhabisme, qui est un hanbalisme réformé entièrement ésotériste. Mais la puissance financière saoudienne permet à cette tendance de s'exporter un peu partout dans le monde.

 

En écartant le ra'y et le qiyâs des sources du droit musulman, le hanbalisme (et surtout sa variante wahhabite) a été accusée de « fossiliser» la jurisprudence dans « l'imitation aveugle » (taqlid) du passé, de plus en plus décalée par rapport aux réalités environnantes, ce qui a fait apparaître trop souvent l'Islam comme une religion plutôt socialement rétrograde, alors qu'elle était à la pointe du progrès social durant la mission du Prophète (Salla Allah ‘alih wa Salam).

 

Source :

http://aslama.com/accueil.php

http://www.aloustad.com/index.htm

Repost 0
Published by nadia - dans JURISPRUDENCE

Articles Récents